Août 2026 : IA Act et conformité des systèmes à haut risque
Nous sommes en février 2026, le calendrier s’accélère pour les dirigeants et les responsables de la conformité. Dans exactement six mois, le paysage technologique européen franchira une étape historique: les obligations relatives aux systèmes d’IA dits à « Haut Risque » (visés par l’Annexe III de l’IA Act) deviendront pleinement exécutoires.
Loin d’être une simple formalité administrative, cette échéance marque la convergence de deux piliers du droit numérique : la protection des données (RGPD) et la sécurité des systèmes algorithmiques.
La Convergence AIPD-AIDF : Vers une analyse d’impact unifiée
Le déploiement d’une IA ne peut plus se faire en silo. L’IA Act introduit l’AIDF (Analyse d’Impact sur les Droits Fondamentaux). Son rôle est d’assurer que votre outil est en conformité à la non-discrimination, à la liberté d’expression et aux droits des travailleurs. Elle vient s’imbriquer avec l’AIPD, que vos DPO connaissent déjà par cœur. Le risque c’est de s’épuiser à mener deux analyses séparées, et l’opportunité c’est de créer une stratégie de conformité unifiée pour gagner en clarté ainsi que de protéger votre agilité opérationnelle.
Des secteurs sous haute surveillance
Certains domaines sont en première ligne de cette transformation. L’IA Act ne juge pas la technologie, mais son usage :
RH & Recrutement avec les algorithmes de tri de CV ou de notation de performance sont désormais scrutés pour éviter tout biais discriminatoire.
Industrie ou la sécurité des produits et la maintenance prédictive critique doivent répondre aux normes de marquage CE.
Dans le domaine de Santé la priorisation des patients et l’aide au diagnostic entrent dans des cadres de validation technique extrêmement rigoureux.
La jurisprudence « Schufa » : Un signal d’alarme précurseur
L’arrêt de la CJUE concernant Schufa Holding AG (C-634/21) a déjà tracé la voie. En requalifiant certains systèmes de notation automatisés comme relevant de l’Article 22 du RGPD, la justice européenne a rappelé que de nombreux outils utilisés en entreprise étaient déjà, de fait, considérés comme à « haut risque ». L’IA Act vient aujourd’hui compléter cet édifice juridique en ajoutant des exigences de documentation technique, de traçabilité et de surveillance post-commercialisation.

Image générée par l’IA
Face à cette complexité, la mise en conformité doit être vue comme un levier de confiance envers vos clients et partenaires. Nous vous accompagnons dans cette transition via :
1. Audit de conformité et cartographie : Identifier quels systèmes au sein de votre infrastructure relèvent du « Haut Risque »
2. Gouvernance IA & Standardisation : Alignement sur la norme ISO/IEC 42001 pour structurer votre système de management de l’IA
3. Formations AIGP : Certifier vos équipes pour maîtriser les enjeux de la protection des données appliquées à l’intelligence artificielle
Le saviez-vous ? La conformité n’est pas qu’une barrière. Une IA certifiée et transparente est aujourd’hui un argument commercial de poids dans un marché européen de plus en plus exigeant.
