Didi dans le viseur de Pékin

Didi dans le viseur de Pékin

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En quelques années, le pays le plus peuplé du monde est devenu leader mondial du numérique. Si le Uber chinois, Didi, n’est pas inclus dans le sigle connu BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) l’entreprise née en 2015 demeure très influente.

Le durcissement de la réglementation vis-à-vis des entreprises du numérique

La pression mondiale, les pratiques abusives des géants du numérique chinois, le mécontentement de la population et la volonté de devenir une superpuissance technologique exemplaire ont conduit à un durcissement drastique de la réglementation.

Pékin s’est d’abord doté d’une première loi : la Cyber Security Law (CSL) en 2017 qui vise à établir un régime réglementaire uniforme pour la cybersécurité et la protection des données en Chine. Quatre ans plus tard, le pays a adopté la Data Security Law (DSL) et la Personal Information Protection Law (PIPL) qui ciblent spécifiquement les questions de la collecte et de l’utilisation des données.

Union Européenne vs Chine : des amendes contrastées  

Si en août 2021, la Commission Nationale pour la Protection des Données luxembourgeoise (CNPD) a infligé une amende de 700 millions d’euros à Amazon et que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) en janvier 2022 a sanctionné Google à hauteur de 150 millions d’euros et Facebook pour un montant de 60 millions d’euros nous sommes bien loin des amendes colossales de Pékin.

En effet, après l’amende de 2,7 milliards d’euros infligé à Alibaba en 2021, Didi vient tout juste d’être sanctionné par l’Administration du cyberespace de Chine d’une amende de 1,2 milliard d’euros pour violation des règles en matière de cybersécurité et de protection des données.

L’entreprise est accusée d’avoir conservé les informations d’identité de plus de 57 millions de chauffeurs dans un format non sécurisé et d’avoir analysé les données des utilisateurs sans les en informer.

Outre les sanctions infligées au groupe, ses deux dirigeants, Cheng Wei et Liu Qing, ont reçu chacun une amende d’un million de yuans (148 070 euros).

Des conséquences dramatiques

La Chine a longtemps encouragé ses entreprises à se développer et donc à se mondialiser. Cependant, dans un contexte de rivalité croissante avec les États-Unis, la Chine redoute que les données accumulées par ses géants ne fuient à l’étranger.

Le régulateur chinois du Web avait lancé son enquête en juillet 2021, soit quelques jours après l’introduction en bourse à Wall Street de Didi. Dans la foulée et pendant toute la durée de l’enquête, Didi a été suspendu des magasins d’applications chinois et empêché de recruter de nouveaux usagers. Didi a annoncé sa sortie de la Bourse américaine en décembre 2021.

Le 21 juillet, l’entreprise a publié une déclaration sur le réseau social Weibo, reconnaissant la décision du gouvernement. L’entreprise a déclaré qu’elle se conformera à cette décision de sanction et a ajouté qu’elle renforcerait ses mesures de cybersécurité et de sécurité des données personnelles.

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